Le transhumanisme trouve en grande partie son berceau dans la Silicon Valley, au sein d’un écosystème façonné par des ingénieurs souvent issus de ce que Steve Silberman, dans son ouvrage NeuroTribes (2015), appelle la « neuro-tribu » — une culture technologique marquée par des profils cognitifs atypiques, au premier rang desquels les esprits de type Asperger.
Porté par cette vision technicienne, le transhumanisme promet une « immortalité technologique » et rêve de transférer l’esprit humain vers la machine. Mais ce projet, sous ses allures futuristes, redéfinit dangereusement ce que signifie être humain.
En externalisant la conscience dans le silicium, ne risque-t-on pas de dissoudre l’expérience incarnée, cette mémoire profonde et subtile qui constitue notre condition spirituelle ? À vouloir vaincre la mort par la technologie, ne court-on pas le risque d’abolir l’essence même de l’âme humaine ? Bruno Lacroix